Église Saint-Charles-Borromée
Ange à la trompette
Cette paire d’anges en bois sculpté provient du cimetière paroissial. Elle était située sur le toit du charnier et a été acquise à la fin du XIXe siècle, peut-être en 1899. On l’attribue au sculpteur Louis Jobin (1845-1928).
Banc d'oeuvre
Aussi appelé banc des marguilliers, le banc d’œuvre est réalisé en 1842 par André Paquet, selon les plans de Thomas Baillairgé. Il est fait de bois sculpté, peint et doré. Ce type de banc d’œuvre est très répandu dans les églises de Baillairgé. Le banc en tant que tel, qui était en bois verni, est disparu, ayant probablement été retiré lors de réaménagements faits dans les années 1960, mais le dorsal a été conservé. Le dorsal est la partie sculptée en forme de portail posée au mur. On peut y voir, au centre, un médaillon sculpté représentant le saint patron Charles Borromée. Ce médaillon s’inspire d’une gravure de Gérard Edelinck (1640-1707), d’après le tableau de Charles Le Brun (1619-1690). On remarque également deux pilastres ioniques, un tympan en forme de coquille qui fait écho à l’abat-voix de la chaire ainsi que des brûle-parfums, des moulures sculptées et des ornements floraux.
Grande sacristie
La grande sacristie a été réalisée en 1887-1888 selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Son architecture extérieure est d'inspiration Second Empire. L'espace intérieur est divisé en trois par deux rangées de colonnettes en fonte de fer. Les murs sont recouverts de lambris de frêne et de noyer. Le mur donnant sur l'ancienne sacristie est orné d'un vaste buffet qui sert à ranger les objets nécessaires au culte.La sacristie comprend plusieurs confessionnaux qui, par leur ornementation généreuse, procurent à l’ensemble un effet de richesse. Le nombre important de confessionnaux s'explique par la présence de deux écoles à proximité : le collège Saint-Charles destiné aux garçons et dirigé par les Frères maristes (aujourd'hui une partie de la bibliothèque Paul-Aimé-Paiement) et le couvent des Sœurs du Bon-Pasteur qui s'occupaient alors de l'éducation des jeunes filles. Fait intéressant, la pierre calcaire des murs extérieurs provient d’une carrière de la paroisse.
La Vision de saint Antoine de Padoue
Cette huile sur toile a probablement été réalisée par l’atelier des Sœurs du Bon-Pasteur dans les années 1870. Il s’agit d’une copie exécutée d’après l’œuvre du même titre conservée dans l’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec, un tableau parfois attribué à Louis-Hubert Triaud (1790-1836). Saint Antoine de Padoue est ici représenté à genou devant une table au-dessus de laquelle apparaît l’Enfant Jésus. L’église Saint-Charles-Borromée conserve plusieurs représentations de ce saint. Cette dévotion particulière serait attribuable au curé Antoine Bédard (1771-1837) qui a fait ériger l’église actuelle. Celui-ci voulait sans doute rendre hommage à son saint patron.
Portrait d’Alexandre Doucet (1657-1701)
Cette huile sur toile, exécutée en 1924 par Georges-S. Dorval (1861-1939), représente le premier curé de la paroisse. Né à Paris en France et ordonné prêtre à Québec en 1689, Alexandre Doucet est envoyé à Charlesbourg en 1690 par le Séminaire de Québec afin de desservir la petite chapelle en bois qui s’y trouve. En 1693, la paroisse Saint-Charles-Borromée est érigée canoniquement et Doucet en devient officiellement le premier curé. Au cours de son mandat, il fait ériger le premier presbytère (1691) et la première église en pierre (1695). Il est aussi responsable de l’achat du tableau du maître-autel (1699). Malade, le prêtre quitte son ministère en 1700 et se retire à Port-Royal (Acadie) où il meurt l’année suivante.
Maître-autel
Le tabernacle du maître-autel est un meuble en bois sculpté et doré. Il a été acheté par la paroisse en 1854 et est attribué au sculpteur André Paquet (1799-1860).Le plan du tabernacle découle du meuble que François Baillairgé (1759-1830) réalise en 1797 pour la cathédrale de Québec. Sa forme générale rappelle la basilique Saint-Pierre de Rome par son dôme central, son ordre corinthien et par son classicisme général.Au bas du tabernacle se trouve la réserve eucharistique où sont conservées les saintes espèces. Juste au-dessus, la porte de la monstrance est ornée d’un bas-relief représentant le Bon Pasteur. Cette porte est pivotante et comporte sur son revers un miroir devant lequel on exposait le Saint Sacrement à l’adoration.Le tombeau en plâtre peint a été réalisé en 1924 par la Daprato Statuary Company. Il est orné de trois bas-reliefs, soit « Abraham s’apprêtant à sacrifier son fils Isaac » à gauche, « La Cène » au centre et « Melchisédech, roi de Salem » à droite.
Orgue
Le premier orgue de l’église a été acheté en 1872 au facteur Louis Mitchell (1822-1902). L’instrument était situé dans la tribune du transept sud. Dans les années 1920, la compagnie Casavant l’augmente de six jeux (Opus 1045). L’orgue est alors déménagé à l’étage de la première sacristie (derrière le chœur) et une ouverture est alors pratiquée au-dessus du maître-autel pour y installer le buffet. Après le classement de l’église en 1959, des travaux sont effectués pour redonner à l’église son aspect d’origine et c’est en 1961 que l’orgue est déménagé à l’arrière de l’église, à la seconde tribune.L’orgue est à traction pneumatique tubulaire et comporte 18 jeux, deux claviers de 61 notes et un pédalier de 30 notes, pour un total d’environ 1300 tuyaux. L’instrument a été réparé en 2003. Le jeu de dulciane a alors été remplacé par une mixture de trois rangs. Il reste encore quatre jeux de l’orgue Mitchell : le hautbois, le cornet, la flûte harmonique et le principal du récit.
Lampe de sanctuaire
Cette pièce d’orfèvrerie en argent massif a été réalisée en 1780 par François Ranvoyzé (1739-1819). Son poinçon, composé des lettres F et R, a été apposé cinq fois sur l’objet. L’artiste a également signé et daté son œuvre à l’aide d’un burin. Ornée de frises de feuilles d’acanthe et de godrons, la lampe est dotée d’un cierge en cire d’abeille. La flamme rappelle la présence d’hosties consacrées dans le tabernacle et symbolise la présence du Christ.
Reliques de saint Charles Borromée
Ces imposants cadres-reliquaires ont été gracieusement prêtés par le Musée de la civilisation à l’occasion du 325e anniversaire de la paroisse en 2018. Ils proviennent de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec (aujourd’hui intégrée au Musée de l’Amérique francophone). Les reliques sont notamment constituées d’une étole et d’un morceau de soutane qui auraient appartenu au saint patron de la paroisse. La dévotion à saint Charles Borromée (1538-1584), artisan de la Réforme catholique lancée par le concile de Trente, s’implante rapidement dans le monde entier dès sa canonisation en 1610. Il est un modèle important pour les Jésuites, pour François de Laval (1623-1708) et pour tous les prêtres du Séminaire de Québec. Il n’est donc pas surprenant que l’on trouve des reliques à son nom dans de nombreux monastères, couvents et églises à travers le monde.
Armoire à chapes
Cette ancienne armoire à chapes a été transformée en lieu d’exposition secondaire afin de présenter des vêtements liturgiques des XIXe et XXe siècles, soit une chape dorée, une chasuble noire et une chasuble rouge. Les trois pièces sélectionnées partagent un même élément décoratif dorsal brodé, soit le monogramme IHS.Ces trois lettres seraient une abréviation et une translittération imparfaite du nom de Jésus en grec (IHΣOYΣ). Au début de la chrétienté, les lettres du christogramme s'écrivaient plutôt IHΣ (soit l’équivalent de JES). Après l’adoption du latin comme langue principale du christianisme, la lettre êta (H), qui correspondait à une voyelle en grec ancien, fut confondue avec le H latin et la lettre sigma (Σ) fut remplacée par un S. Le monogramme trilitère fut ensuite interprété comme les premières lettres de l’expression « Iesus Hominum Salvator » qui se traduit généralement par Jésus, Sauveur des hommes.
Chasublier
Ce meuble, servant à l'entreposage et à la présentation des parements d'autel et des vêtements liturgiques, est un don des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec. Dans la vitrine supérieure est exposé un parement d’autel (antependium), un élément décoratif que l'on posait devant la base des autels. L’huile sur toile imite les parements en textile. Selon les livres de comptes, cette œuvre aurait peut-être été réalisée par le peintre Joseph Légaré en 1833. Le tiroir central présente quant à lui une bannière de procession. Des représentations de saint Charles Borromée et de l’Immaculée Conception y sont brodées en fils de soie. Cette pièce pourrait avoir été importée d’Europe ou réalisée par les Ursulines de Québec et daterait de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle. Plusieurs autres textiles sont exposés dans ce meuble, dont des chasubles, des dalmatiques, des étoles, des manipules, des bourses de corporal, des voiles de tabernacle, etc.
Vitraux
Installés vers 1917, les vitraux ont vraisemblablement été réalisés par la maison Leonard, une entreprise de Québec fondée par Bernard Leonard (1841-1924), où travaille le maître verrier anglais Wallace J. Fischer. Aucun vitrail ne présente de scènes figuratives. Les fenêtres sont plutôt ornées de motifs géométriques et floraux encadrant des panneaux de verre peints. On y reconnaît des symboles chers à l’Église catholique, comme le pélican et l’agneau, ainsi que des instruments de la Passion (tels que clous, couronnes d’épines et pinces) ou encore des monogrammes liés au Christ, telles que les lettres alpha (Α) et oméga (Ω) et les lettres JHS. Le vitrail au-dessus de la porte principale présente le monogramme marial, soit les lettres AM entrelacées, alors que les oculi en façade sont ornés du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur immaculé de Marie.
Chaire
La chaire est réalisée en 1842 par André Paquet, selon les plans de Thomas Baillairgé. Elle est faite de bois sculpté, peint et doré. Il s’agit d’un modèle qui se retrouve dans presque toutes les églises de Baillairgé, la première du genre se trouvant à l’église de Saint-Louis de Lotbinière.La chaire est constituée d’une cuve (partie basse) ornée sur la face principale d’un bas-relief représentant Moïse tenant les tables de Loi. La cuve est surmontée d’un abat-voix dont la partie inférieure est traitée en coquillage. Le tout est couronné d’une impériale à quatre branches et d’une croix. Les deux sections (cuve et abat-voix) sont reliées par un dorsal encadré d’un ordre ionique au centre duquel se trouve un bas-relief représentant une gloire ornée d’une colombe.
Ecce Homo
Bien que ce tableau ne soit ni signé ni daté, il est attribué au peintre Joseph Légaré (1795-1855) qui l’aurait exécuté vers 1821. L’œuvre représente le Christ couronné d’épines alors qu’il est présenté à la foule par Ponce Pilate, qui serait l’auteur de l’expression « Ecce Homo », qui signifie « Voici l’homme ». L’huile sur toile a été restaurée en 1978 après avoir passé quelques années dans les combles de l’église.
Portrait de Pierre Roy (1800-1847)
Cette huile sur toile, réalisée au tournant du XXe siècle par un artiste anonyme, représente le huitième curé de la paroisse. Né à Saint-Charles-de-Bellechasse et ordonné prêtre à Québec en 1826, Pierre Roy est nommé curé de Charlesbourg en 1837. Il poursuit les travaux de décoration de l’intérieur de l’église, en faisant notamment exécuter le retable, la chaire et le banc d’œuvre. Un nouveau presbytère est également érigé sous sa cure. En 1846, il consent à un échange de terrains afin de modifier le tracé du chemin Saint-Joseph (aujourd’hui le boulevard Louis-XIV) pour que celui-ci débouche directement en face de l’église. Le 29 juin 1847, il part en mission à la Grosse Île auprès des victimes du typhus. Il contracte la maladie et en meurt le 14 juillet. Il est inhumé sous le sanctuaire de l’église. Son nom est par ailleurs inscrit sur la base de la croix celtique érigée en 1909 sur la Grosse Île.
Autel latéral gauche
Le tabernacle de cet autel est acquis la même année que celui du maître-autel soit en 1854. Il est fait de bois sculpté et doré. Il repose sur un tombeau en plâtre peint qui comporte un bas-relief représentant la tempête apaisée.Cet autel secondaire est dédié à la Vierge Marie. On y remarque une statue de la Vierge à l’Enfant. Datant vraisemblablement du XIXe siècle, la statue en plâtre doré et peint proviendrait d’un atelier parisien. Les photographies anciennes montrent qu’elle occupe cet emplacement depuis au moins un siècle.
Trône curial
Œuvre du sculpteur Lauréat Vallière (1888-1973), ce meuble imposant a été sculpté en 1961 et a été offert au curé Odilon Gauthier (1892-1980). Il est fait de bois et de cuirette. Le fauteuil est orné de feuilles et de glands de chêne ainsi que d’un cartouche comprenant notamment une barrette, une croix, un missel et une étole. Le prie-Dieu du trône est quant à lui doté d’une représentation de la Vierge.
Chemin de croix
Offert à la congrégation des Hommes de Charlesbourg pour leur chapelle vers 1893, ce chemin de croix ornait originellement les murs de l’église. La conception originale des quatorze stations revient à Nicolas-François-Octave Tassaert (1807-1874), peintre, graveur et illustrateur belge. La version de la chapelle des congréganistes est une réédition de 1842 qui a été réalisée par la famille Turgis, des imprimeurs-lithographes ayant des bureaux à Paris et à Toulouse. Les lithographies colorées présentent des textes en français et en espagnol, probablement pour assurer la vente de l’œuvre dans différents pays catholiques.
Chapelle des congréganistes
Cette chapelle a été érigée à la demande de la congrégation des Hommes de Charlesbourg (aussi appelée congrégation mariale), un regroupement laïque portant une dévotion particulière à la Vierge Marie. Vraisemblablement créée à la fin du XVIe siècle par les Jésuites, la congrégation était jusqu’à tout récemment encore en activité. Ses membres se réunissaient le dimanche matin pour réciter un office dédié à la Sainte Vierge. Construite selon les plans de l’architecte David Ouellet en 1887-1888, la chapelle est décorée d’un lambris similaire à celui de la grande sacristie. Le décor n’a cependant été que partiellement réalisé puisque le devis prévoyait un décor en plâtre moulé dans la voûte. Près de l’escalier, on peut voir les stalles des officiers de la congrégation récupérées de l’ancienne chapelle (galerie des curés) ainsi que l’armoire sous clé qui contient les livres de prières et le tableau de présence qui comporte plus de 200 noms.
Portrait de Charles-Ovide Godbout (1872-1950)
Cette huile sur toile, exécutée en 1924 par Georges-S. Dorval (1861-1939), représente le treizième curé de la paroisse. Né à Québec et ordonné prêtre dans la même ville en 1897, Charles-Ovide Godbout est vicaire à Saint-Charles-Borromée de 1903 à 1905. Il est ensuite nommé premier curé de la paroisse Notre-Dame-des-Laurentides. En 1920, il revient à Charlesbourg à titre de curé. Son ministère est marqué par d’importants travaux qui modifient l’apparence de l’église. Il fait notamment démolir les galeries des transepts et installer l’orgue derrière le maître-autel en plus de faire changer les bancs de la nef. En 1936, il fait apposer un enduit imitant la pierre sur les murs extérieurs du lieu de culte. L’abbé Godbout est également responsable de la construction de la salle paroissiale (aujourd’hui la salle Pierre-Garon). Il contribue aussi à l’arrivée des Eudistes à Charlesbourg. Il meurt au presbytère en 1950 et est ensuite inhumé au cimetière paroissial.
Plaque commémorative
Cette plaque en marbre commémore les neuf curés de la paroisse qui ont été inhumés sous le chœur de l’église Saint-Charles-Borromée. Parmi ceux-ci, quatre étaient en poste avant même la construction de l’église actuelle. En effet, le curé Antoine Bédard (1771-1837) procède, le 13 juillet 1831, à la translation des restes de ses prédécesseurs pour que ceux-ci reposent dans la nouvelle église. C’est au tournant du XXe siècle que la pratique d’enterrer les curés dans l’église est abandonnée. Les curés David Gosselin (1846-1926) et Charles-Ovide Godbout (1872-1950) seront ainsi inhumés dans le cimetière paroissial.
Messe pascale
Combles
Galerie des curés
Depuis les années 1960, cet espace regroupe les portraits de tous les curés qui ont dirigé la paroisse Saint-Charles-Borromée. La galerie des curés a été initiée par le curé Joseph Hoffman (1835-1899) à la fin du XIXe siècle, après le don du portrait du curé Jacques Derome dit Descarreaux (1752-1808) par la famille de ce dernier. Les portraits des autres curés sont réalisés entre 1892 et 1924 par des artistes comme Ludger Ruelland (1827-1896) et Georges-S. Dorval (1861-1939). À partir du milieu du XXe siècle, ce sont des photographies qui sont ajoutées à la galerie après le départ de chaque curé. Avant de loger la galerie des curés, cette pièce a connu diverses fonctions. D’abord érigée pour accueillir la chapelle des congréganistes, elle est occupée, entre 1924 et 1960, par les chantres et par le mécanisme de l’orgue installé derrière le maître-autel. Aujourd’hui, cet endroit sert de lieu de réunion et d’exposition secondaire.
Le Sacré-Cœur apparaissant à Marguerite-Marie Alacoque
Cette huile sur toile a probablement été réalisée par l’atelier des Sœurs du Bon-Pasteur dans les années 1870. Elle reprend un thème très populaire à l’époque, lié à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Cette dévotion a notamment été répandue par la visitandine Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) à qui le Christ serait apparu en disant : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes ». La fête du Sacré-Cœur est inscrite au calendrier liturgique universel en 1856, alors que Marguerite-Marie Alacoque est béatifiée en 1864. Elle est canonisée en 1920.
Ancienne statue de la façade
Cette œuvre, en bois sculpté et doré, ornait autrefois la façade de l’église. Elle représente saint Augustin et a, comme pendant, une statue de saint Pierre. Ces œuvres auraient été exécutées par sculpteur Louis Jobin (1845-1928) à la fin du XIXe siècle, mais cette attribution est aujourd’hui remise en question.Les statues, trop petites pour les niches de la façade, ont dû être surélevées à l’aide de socles pour mieux remplir l’espace disponible. Cet ajustement semble indiquer qu’elles n’avaient pas été commandées spécifiquement pour la façade du bâtiment actuel, mais plutôt achetées alors qu’elles étaient déjà sculptées.Redorées en 1984, les statues sont finalement retirées au tournant du XXIe siècle et remplacées sur la façade par des copies agrandies réalisées par le sculpteur Fabien Pagé.
L'orfèvrerie
Cette vitrine illustre bien la diversité de l’orfèvrerie du trésor de l’église. Presque entièrement réalisées au cours du XIXe siècle, ces pièces sont l’œuvre d’orfèvres de renom originaires d’ici et d’ailleurs. On y retrouve un bénitier réalisé en 1803 par François Ranvoyzé (1739-1819), un reliquaire fait vers 1823 par Laurent Amiot (1764-1839), un ostensoir exécuté vers 1884 par Ambroise Lafrance (1845-1905), de même d’un calice d’origine française fabriqué par Jean-Charles Cahier (1772-1849). Ce dernier a notamment réalisé les vases liturgiques utilisés lors du sacre de Napoléon 1er (1769-1821).
Saint Jérôme
Ce tableau, exécuté en 1821 par le peintre Joseph Légaré (1795-1855), représente Jérôme de Stridon (vers 347-420), un des Pères de l’Église, qui a consacré une partie de sa vie à la traduction des textes de la Bible en latin. L’huile sur toile est une copie d’un tableau probablement réalisé par un peintre italien au XVIe siècle. Il semble que le tableau original était dans le trésor de l’église de Charlesbourg jusqu’en 1821, année où l’Assemblée de fabrique consent à donner le tableau à Légaré en échange d’une copie. L’original fait maintenant partie des collections du Séminaire de Québec, conservées au Musée de la civilisation. La copie conservée à Charlesbourg a été restaurée en 1978 après avoir passé quelques années dans les combles de l’église.
Statue de saint Pierre
Au-dessus de la porte de gauche menant à la sacristie, on peut observer une œuvre ancienne remarquable, la statue de saint Pierre réalisée vers 1742 par le sculpteur Pierre-Noël Levasseur (1690-1770). Elle est en bois sculpté et doré à la feuille par les Augustines de l’Hôpital général de Québec en 1784. Le saint se reconnaît par son attribut, soit la clé du Royaume des cieux, qu’il tient dans sa main droite. Notons que l’œuvre est signée sur le socle par l’artiste, un fait rarissime à l’époque de la Nouvelle-France.Fait intéressant, en 1984, cette statue a été prêtée au Musée du Québec (aujourd'hui le Musée national des beaux-arts du Québec) pour « Le Grand Héritage », une exposition sur l’art sacré visitée notamment par le pape Jean-Paul II. Elle a également été exposée en 2012 dans l'exposition « Les Arts en Nouvelle-France » tenue dans le même musée.
Autel latéral droit
Le tabernacle de cet autel est acquis la même année que celui du maître-autel, soit en 1854. Il est fait en bois sculpté et doré. Il comporte, au fond de la niche centrale, un bas-relief représentant le Bon Pasteur. Ce tabernacle repose sur un tombeau en plâtre peint qui comporte un bas-relief représentant le Christ remettant les clés du Royaume à saint Pierre.Cet autel secondaire est dédié à saint Antoine de Padoue, en l’honneur du curé qui était en service lors de la construction de l’église, Antoine Bédard (1771-1837). On y remarque une statue en plâtre représentant saint Joseph et installée par le curé Onil Godbout vers 2015. La statue provient des collections de l’archidiocèse de Québec.
Statue de saint Paul
Au-dessus de la porte de droite menant à la sacristie, on peut observer une œuvre ancienne remarquable, la statue de saint Paul réalisée vers 1742 par le sculpteur Pierre-Noël Levasseur (1690-1770). Elle est en bois sculpté et doré à la feuille par les Augustines de l’Hôpital général de Québec en 1784. Le saint se reconnaît par ses attributs, soit les épîtres qu’il a écrites, ici représentées par le livre qu’il tient à la main, et le glaive romain par lequel il a été décapité. Notons que l’œuvre est signée sur le socle par l’artiste, un fait rarissime à l’époque de la Nouvelle-France.Fait intéressant, en 1984, cette statue a été prêtée au Musée du Québec (aujourd'hui le Musée national des beaux-arts du Québec) pour « Le Grand Héritage », une exposition sur l’art sacré visitée notamment par le pape Jean-Paul II. Elle a également été exposée en 2012 dans l'exposition « Les Arts en Nouvelle-France » tenue dans le même musée.
Chemin de croix
Datant de 1893, le chemin de croix comporte 14 stations en bas-relief représentant les moments significatifs de la Passion du Christ. À son installation, les sculptures en bois et en plâtre étaient polychromes. Ces bas-reliefs sont toutefois restaurés et repeints dans les tons de beige dans les années 1960, afin de s’harmoniser au décor de l’église. La signature « Ethelbert Boucher 61 » sur plusieurs pièces atteste de cette intervention. Fait intéressant, une erreur s’est glissée dans la représentation de la station XI. Le Christ, qui est tombé à trois reprises, a les genoux intacts. Toutefois, lors de la scène de la crucifixion (station XII), ses genoux sont ensanglantés.
Prie-Dieu
Réalisé en 1844, ce meuble faisait partie d’une paire de prie-Dieu conçue pour le chœur de l’église Saint-Charles-Borromée. Dans les années 1960, à la suite du réaménagement de l’intérieur de l’église, les prie-Dieu sont vendus à des antiquaires. En 2017, madame Annie Cantin a gracieusement cédé le meuble qui était en sa possession.
Prix d'excellence
En 2018, le Conseil du patrimoine religieux du Québec décernait le Prix d’excellence, catégorie Mise en valeur, à la fabrique de la paroisse Saint-Charles-Borromée. Ce prix souligne les efforts déployés par le comité du patrimoine pour inventorier les biens patrimoniaux de l’église et renouveler son exposition permanente.
Tribune (jubé)
Lors de la construction de l’église, il n’y avait qu’un seul jubé. Très rapidement, l’espace vient à manquer dans l’église et on décide de l’agrandir par l’intérieur en allongeant la galerie et en ajoutant des tribunes. Le jubé arrière est allongé dès 1858 par le sculpteur et architecte Raphaël Giroux (1815-1869). En 1872, une tribune est érigée dans le transept sud pour accueillir l’orgue Mitchell. Deux ans plus tard, le jubé arrière est abaissé et un second est érigé au-dessus, selon les plans de l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903). Ce sont les jubés que l’on peut voir aujourd’hui. En 1886, une autre tribune est construite dans le transept nord. Elle sera démolie en même temps que celle du transept sud, en 1923.Fait intéressant, l’utilisation du terme jubé pour désigner les galeries ou tribunes d’une église est propre au Québec. Dans les autres pays francophones, le mot jubé désigne plutôt la clôture monumentale qui sépare le chœur et la nef.
Exposition permanente : Quatre siècle d'art sacré
Inaugurée en 2017 dans l’ancienne sacristie, l’exposition permanente « Quatre siècles d’art sacré » présente une cinquantaine d’œuvres réalisées au cours des XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Les objets exposés ici illustrent la richesse du trésor de l’église dans les principaux domaines de l’art sacré, soit la peinture, la sculpture, l’orfèvrerie et les textiles. Des œuvres d’artistes de renom, tels que Louis Dulongpré, François Ranvoyzé, Laurent Amiot, Thomas Baillairgé et Louis Jobin, y sont présentées.Cette exposition, réalisée par le comité du patrimoine avec le soutien de l’Assemblée de fabrique, est le fruit d’un long travail visant à renouveler l’ancienne exposition permanente élaborée en 2003. Ce renouvellement permet ainsi la présentation d’un plus grand nombre d’œuvres au public, et ce, dans des conditions de conservation assurant leur pérennité.
Chasuble
Ce vêtement liturgique a été donné à la paroisse dans le dernier quart du XVIIe siècle par la reine de France, Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), épouse de Louis XIV (1638-1715). Les armoiries brodées, appliquées de chaque côté de la croix dorsale, authentifient cette donation. Il s’agit d’une des plus anciennes œuvres conservées dans le trésor de l’église. Fait intéressant, cette chasuble a déjà été prêtée au Musée du Québec (aujourd'hui le Musée national des beaux-arts du Québec) pour l’exposition « Le trésor du Grand Siècle » (1984) et au Musée de l’Amérique française pour l’exposition « François, premier évêque de Québec » (2008).
Tableau du maître-autel
Cette huile sur toile est intitulée « Saint Charles Borromée distribuant la communion aux pestiférés de Milan ». Alexandre Doucet (1657-1701), premier curé de la paroisse, débourse une somme de 380 livres pour son achat en 1699. Il s’agit d’une copie anonyme inspirée d’un tableau du peintre français Pierre Mignard (1612-1695). Cette composition de Mignard a été largement diffusée grâce au graveur François de Poilly (1623-1693). C’est probablement cette gravure, où deux personnages portant un brancard sont visibles à l’arrière-plan, qui a guidé le peintre de la copie conservée à Charlesbourg. L’artiste a toutefois inversé le sens de la gravure pour retrouver la disposition originale de Mignard. La qualité d’exécution de cette œuvre, combinée à l’absence d’artistes-peintres dans la colonie à cette époque, porte à croire que ce tableau fut importé d’Europe. Le cadre en bois doré a quant à lui été réalisé par le sculpteur Charles Vézina (1685-1755) en 1741.
Bannière
Cette œuvre exceptionnelle a été réalisée pour l'imposant défilé de la Saint-Jean-Baptiste du 24 juin 1880. Les marguilliers de Saint-Charles-Borromée et la Société Saint-Jean-Baptiste de Charlesbourg joignent leurs efforts pour commander une bannière qui représentera la paroisse lors de l'événement. Les Sœurs du Bon-Pasteur produisent une imposante pièce en soie moirée ornée de glands en fil d'or mesurant environ six pieds de long par quatre pieds de large. Un côté représente le saint patron de Charlesbourg, Charles Borromée. La tête, les pieds et les mains de l’homme vêtu de rouge sont en bois sculpté. Ces pièces sont attribuées au sculpteur Louis Jobin (1845-1928). De l'autre côté, la bannière est ornée d'une huile sur toile représentant saint Jean Baptiste dans un paysage.Cette œuvre a été restaurée en 2016 par le Centre de conservation du Québec, grâce à une aide financière du ministère de la Culture et des Communications attribuée dans le cadre du programme administré par le Conseil du patrimoine religieux du Québec.
Autel
Ce tabernacle en bois sculpté, peint et doré provient de l’ancienne chapelle des congréganistes. Le meuble a déjà été attribué au sculpteur Pierre-Florent Baillairgé (1761-1812), qui a été rémunéré en 1808 pour le tabernacle de la chapelle. Cette attribution a depuis été réfutée : Pierre-Florent Baillairgé aurait plutôt réalisé un meuble pour l’une des chapelles latérales de l’église. On peut en revanche affirmer que le tabernacle a été modifié par l’architecte David Ouellet (1844-1915) lors de la construction de la chapelle actuelle en 1887-1888, notamment par l’ajout d’une réserve eucharistique plus grande et vraisemblablement par la modification de la hauteur des gradins. Ce meuble liturgique se distingue des autels de l’église par une abondance d’ornements végétaux qui tend à faire oublier l’organisation générale empreinte de classicisme privilégiée par Thomas Baillairgé (1791-1859) et son école.
L'Immaculée Conception
Cette huile sur toile a probablement été réalisée par l’atelier des Sœurs du Bon-Pasteur dans les années 1870. Il s’agit d’une copie de l’œuvre du peintre italien Vincenzo Pasqualoni (1820-vers 1880) conservée dans la chapelle extérieure du Séminaire de Québec (aujourd’hui intégrée au Musée de l’Amérique francophone). Le tableau représente la Vierge debout sur un globe terrestre écrasant le mal symbolisé par un serpent. Ce thème deviendra particulièrement populaire dans la seconde moitié du XIXe siècle, après la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1854. Ce dogme énonce que la Vierge Marie a été conçue sans la tache du péché originel.
Portrait d’Antoine Bédard (1771-1837)
Cette huile sur toile, réalisée en 1892 par Ludger Ruelland (1827-1896), représente le septième curé de la paroisse. Né à Charlesbourg et ordonné prêtre à Québec en 1795, Antoine Bédard est d’abord enseignant au Séminaire de Québec et curé de différentes paroisses, dont celle de Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette. Il est nommé curé desservant de Charlesbourg en 1822 afin de remplacer l’abbé Charles-Marie Boucher de Boucherville (1781-1823) qui est malade. À la mort de ce dernier, l’abbé Bédard est nommé curé en titre. La cure d’Antoine Bédard a principalement été marquée par la construction de l’église actuelle. Après la consécration du nouveau lieu de culte en 1830, il fit exhumer les corps de ses prédécesseurs pour les inhumer sous le chœur de l’église. Il meurt subitement en 1837 et est inhumé sous le sanctuaire de l’église. Il lègue à la fabrique sa maison et des terrains pour soutenir la création d’une école dans le Trait-Carré Ce tableau a été restauré en 2012 par Carol Poulin.
Église Saint-Charles-Borromée
L’actuelle église Saint-Charles-Borromée est le troisième lieu de culte érigé au cœur du Trait-Carré. En juin 1826, le vicaire général Jérôme Demers (1774-1853) se déplace à Charlesbourg pour fixer l’emplacement et les dimensions de la nouvelle église. La réalisation des plans est ensuite confiée à son ami et proche collaborateur, l’architecte Thomas Baillairgé (1791-1859). L’église, dotée d’un plan traditionnel en croix latine à chevet plat, est érigée de 1827 à 1830. D’inspiration néoclassique, le bâtiment se distingue par sa façade-écran monumentale. Quant à la réalisation de l’ornementation intérieure, elle est entreprise en 1833 par André Paquet (1799-1860), toujours selon les plans de Baillairgé. Le décor intérieur, établi selon les principes de l’architecture classique, se caractérise notamment par les pilastres d’ordre corinthien supportant les arcs doubleaux de la voûte et par le retable du chœur adoptant la forme d’un arc de triomphe.